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« La communication interne en temps de crise : L’oreille du coach » par Marie-Christine Comte

En cette période de confinement et d’incertitude, le Cercle Suisse des Administratrices propose une série d’articles et de témoignages de ses membres administratrices. Chacune nous livre, à sa manière, son point de vue sur la situation économique actuelle.

Retrouvez tous les articles de la série sur www.csda.ch/comite-de-redaction. Ces articles ne reflètent pas forcément la position du Cercle Suisse des Administratrices et n’engagent que leur auteure.

 

Aujourd’hui, Marie-Christine Comte nous propose « La communication interne en temps de crise : L’oreille du coach »

marie-christine comteLe coach professionnel est à l’écoute du cœur battant de l’entreprise, c’est-à-dire ses employés. A la différence du Manager et du RH, il a une position neutre, s’intéresse aux compétences sociales et est en général externe à l’entreprise. Il peut recueillir en toute confidentialité les impressions et les sentiments des collaborateurs qui sont au centre de la tourmente en période de crise.

Cet article ne se veut pas un reflet de la manière réelle dont la communication s’est faite dans les sociétés, mais du ressenti des employés interviewés.

J’ai mené les interviews par téléphone, auprès d’employés et de managers de proximité de 12 PME de Suisse romande de 50 à 1000 collaborateurs. Il n’a pas été tenu compte des départements de production.

Cela a conduit à la mise en lumière des problématiques de communication du management et leur importance dans le sentiment de confiance et de sécurité des collaborateurs.

50% des personnes interrogées pensent que leur entreprise était préparée à vivre une situation de crise, mais pas de l’ampleur de celle que nous connaissons actuellement.
Le tiers des interviewés a le sentiment que la direction a été débordée en début de crise, pour reprendre ensuite rapidement le leadership.

Lorsque la communication a été structurée, elle a permis aux employés de se sentir rassurés et soutenus, et de renforcer la confiance dans leur entreprise. L’importance de la régularité et surtout de la clarté de la communication est relevée (procédures expliquées, priorités fixées).

D’autres modes de communication, inhabituels au sein des entreprises ont été utilisés : par exemple WhatsApp qui a permis une communication rapide et directe.

Sur le plan humain, l’impression majoritaire est que la crise a ouvert les relations, apporté plus d’attention et de bienveillance de la part de la direction au bien-être des collaborateurs.

Les entreprises seront-elles mieux préparées dans le futur ?

La question reste ouverte car chaque évènement est différent et demande des réponses adaptées. Cependant la création d’une task force dans chaque entreprise et son expérimentation dans la réalité devrait offrir une réactivité inédite.

L’attractivité des modes de communication à distance a largement été relevée, mais la possibilité que le télétravail perdure semble ne pas correspondre à la culture de la majorité des sociétés suisses.

Il a été relevé que les visioconférences ont permis un contact proche et tangible, des interactions très positives.

Une remarque récurrente est celle de la dépendance de l’approvisionnement à l’étranger qui est venue spontanément à chaque personne interrogée, et cela même si son poste n’est pas concerné par les achats. De même le souci du cash flow de l’entreprise (malgré les aides de la Confédération) et donc de sa pérennité reste-t-il prioritaire dans les préoccupations des employés des sociétés les plus fragiles.

Et le Conseil d’Administration ?

Les employés des PME les plus petites (50 à 300 personnes), connaissent en général les ou des membres du Conseil d’Administration. Pour eux, la communication formelle du Conseil d’Administration aurait été vue comme rassurante malgré un réel effort de la direction pour communiquer dans la tourmente.

Elle aurait démontré aux collaborateurs l’attention, par l’ensemble des acteurs de l’entreprise, de la préservation de leur santé et de leur bien-être, et donc de la prise en compte de leur importance.

© Marie-Christine Comte
Coach professionnelle et membre du Cercle Suisse des Administratrices depuis 2014