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La santé mentale à l’ère du numérique : un impératif stratégique pour le CA (retour sur le Café Numérique du 30.04.26)

La santé mentale à l’ère du numérique : un impératif stratégique pour le CA Retour sur le Café Numérique du Cercle des Administratrices Suisses — 30 avril 2026

Deux expertes de haut vol pour ouvrir le débat :

Caroline Creven Fourrier — Ph.D., 20+ ans de leadership global (Roche, Novartis, Syngenta), nommée Top 100 Change Leader 2025 pour ses travaux sur la résilience et l’alignement RH/Business.

Quitterie Marque — Polytechnique, IMD, UC Berkeley, NUS — 24 ans dans la santé et la technologie sur 3 continents. Directrice de l’innovation et IA (Les Toises) et ancienne Directrice Régional d’une tech start-up en santé mentale.


 

 

 

Présentation Powerpoint à télécharger

Ce qu’on retiendra :

2/3 des personnes seront confrontées à un trouble de santé mentale au cours de leur vie — et pourtant seulement 2% du budget santé mondial y est consacré, avec en moyenne 15 ans d’attente entre les premiers symptômes et une prise en charge spécialisée. Seulement 16% des personnes souffrant de dépression demandent de l’aide.

1’000 milliards USD de pertes par an pour les entreprises, principalement via la productivité dégradée. 30 à 40% de l’absentéisme est lié à des facteurs psychosociaux — stress, burnout, surcharge. Et le présentéisme coûte 2 à 3x plus que l’absentéisme, souvent totalement invisible au niveau du CA.

Le numérique amplifie le phénomène : hyperconnexion, surcharge cognitive, hybridation du travail, frontière vie pro/perso de plus en plus floue. Le travail n’est plus un lieu — c’est devenu un flux continu.

Les entreprises qui investissent dans le wellbeing observent +23% de profitabilité, +17% de productivité, -81% d’absentéisme, +13% d’engagement des collaborateurs — sans oublier une marque employeur renforcée et une meilleure rétention des talents.

La santé mentale n’est plus un sujet RH : c’est un enjeu de gouvernance, de risque ESG, de réputation et de création de valeur long terme. Ce qui n’est pas piloté par le CA devient un angle mort stratégique. Les investisseurs le regardent désormais comme une composante du « S » dans l’ESG.

Une approche mature repose sur quatre piliers : passer du paradigme « maladie » à la construction de la résilience, transformer la culture d’entreprise de manière systémique, s’adapter aux spécificités de chaque organisation, et adopter une approche scientifique et data-driven.

Concrètement, un CA peut agir dès demain : mettre le sujet à l’agenda comme enjeu de gouvernance, piloter par la data (absentéisme, turnover, engagement, usage des dispositifs EAP), aligner les incentives du top management, et porter une culture « Duty of Care » en normalisant le sujet au plus haut niveau.

Un grand merci à Caroline et Quitterie pour cette intervention aussi rigoureuse qu’inspirante !